Pont du Port à l’Anglais : fréquenté par les vélos … mais dangereux !

Entre Vitry et Alfortville, un seul pont permet de franchir la Seine, le pont suspendu du Port à l’Anglais. Les autres franchissements sont à 2km au Nord (pont d’Ivry) et à 3,5 km au Sud (pont de Choisy) .

Sur ce pont, la route (D148) est à trois voies, ça roule fort ! Les comptages faits par PTR94 en 2019 et 2020 montrent un trafic de l’ordre de 100 à 140 vélos par heure (à l’heure de pointe, trottinettes incluses), y compris quand il pleut. C’est beaucoup. Il est donc tout à fait logique que cette voie fasse partie du RER V2 d’Ile de France.

PTR94 s’était alarmé au sujet de la sécurité auprès du conseil départemental en mai 2020. Le CD94 a instauré une limitation à 30 km/h avec des pictogrammes vélos. C’est un progrès, remarqué par certains usagers, mais est-ce suffisant ?

L’observation du trafic pendant les comptages fait froid dans le dos : les cyclistes qui traversent sur la chaussée se font suivre de près, klaxonner, serrer contre des bordures bien plus hautes qu’un trottoir classique par les véhicules qui dépassent. Au premier écart d’un vélo ou inattention d’un véhicule motorisé, on aura un accident grave : on s’étonne que ce ne soit pas déjà arrivé… Nombre de cyclistes ont identifié le danger et préfèrent emprunter les trottoirs, sinueux et étroits, plutôt que la chaussée. Ce n’est pas tenable pour un axe du RERV2 !

Que faire pour améliorer la sécurité  ?

Elargir le pont comme à Choisy pour loger une piste cyclable : c’est une solution chère (12 millions à Choisy !) et elle est sans doute techniquement impossible pour ce pont suspendu datant de 1928.

Créer une piste cyclable en prenant une voie aux véhicules motorisés : le pont ne serait plus accessible aux semi-remorques ou aux bus qui viennent du bord de Seine car ils ont besoin de deux voies de circulation pour s’engager sur le pont. Et la diminution de la capacité de transit motorisé risque de faire capoter cette solution car elle serait très conflictuelle : le manque de ponts sur la Seine est connu.

Une passerelle séparée du pont. Construire une nouvelle passerelle est coûteux (5 à 20 millions d’euros ?), mais pas plus que l’élargissement d’un pont existant, et dix fois moins qu’un nouveau pont routier. Aménager en passerelle piétons-vélos la passerelle de service VNF de l’écluse-barrage  du Port à l’Anglais est une autre possibilité. En effet, la technologie de cette passerelle est la même que celle d’Ablon, que le CD94 projette de munir de rampes cyclables pour en faire un passage mixte piétons-vélos. Le coût en serait alors sans doute plus faible.

Conclusion : Une passerelle piétons-vélos est la seule solution viable, ce n’est pas un luxe et elle améliorerait le flux motorisé qui ne serait plus ralenti par les vélos.

Un cas qui n’est pas isolé

Dans le Val de Marne, plusieurs discontinuités cyclables importantes ont été traitées ou sont en passe de l’être : pont de Choisy et Ponts Mandela , passerelle d’Ablon sur la Seine ; ponts de Charenton, de Maisons,  de Bry, de Joinville, de Nogent sur la Marne ;  passerelle Tégéval sur la N406 ) ….. mais à côté, il y a d’autres discontinuités importantes qu’il faudrait traiter : pont d’Ivry  sur la Seine (D19- REV1) , ponts de Créteil (D86 – RERV1), de Bonneuil (D130), de Chennevières (D123), du Petit Parc sur la Marne, franchissements de voies ferrées à Vitry et à Alfortville (D148 – RERV2) et à Créteil (D86 – RERV1), entre autres.

La passerelle du gaz, entre Alfortville et Vitry, est déjà condamnée faute d’entretien. Il est à craindre que d’autres ouvrages connaissent le même sort alors qu’ils assurent des flux significatifs : passerelle industrielle Ivry-Charenton sur la Seine,  passerelles d’Alfortville, de Charentonneau (photo ci-dessous), de la Pie sur la Marne, passerelles sur l’autoroute A4 à St Maurice, Joinville, Nogent ….

De manière plus générale, les discontinuités cyclables sont importantes dans notre banlieue. Qu’il s’agisse de voies ferrées, d’autoroutes, de fleuves ou de zones industrielles, les franchissements sont restés rares alors que la banlieue s’est considérablement densifiée depuis un demi-siècle. Il faudrait un plan pluriannuel pour résoudre ces discontinuités dans un futur raisonnable – 5 à 10 ans- . Avec 200 millions d’euros le plan Vélo de l’Etat ne représente que 0,2 % du plan France Relance. Une aumône… Ne pourrait-on pas faire plus ?

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