Fact-checking : qui fait du vélo en banlieue ?

Les détracteurs des aménagements cyclables disent sur un ton d’évidence que le vélo au quotidien est une affaire de parisiens qui n’ont pas de longues distances à faire pour leurs trajets domicile-travail , et qu’en banlieue il ne concerne que les loisirs d’une poignée d’ hommes jeunes et sportifs. Est-ce vrai? Ca mérite un peu de fact-checking !

Peu nombreux , les cyclistes en banlieue ? Le 10 septembre dernier, quatre associations (Créteil en Transition, Paris Cargo Bikes, Partage Ta Rue 94, Place au Vélo à St Maur) ont fait signer une pétition en soutien aux pistes cyclables au bord de la D19 , à la limite de Créteil et Maisons Alfort point bleu sur la carte indiquée plus loin). Elle a recueilli 276 signatures en 4 heures seulement. Cette forte participation illustre la fréquentation, aussi mise en évidence par les capteurs automatiques du CD94 (plus de 1000 vélos par jour avec des pointes à 1500 /jour). Non, les cyclistes ne sont pas une poignée en banlieue.

Juste une activité de loisirs ? Les cyclistes utilisent le vélo pour les trajets domicile-travail puisque nous avons recueilli nos signatures pendant les heures de pointe, de 8h à 10h et de 16h à 18h. Non, le vélo n’est pas qu’une activité de loisirs – même si c’est super sympa de se promener à vélo- .

Surtout des cyclistes hommes ? Comme les signataires de la pétition ont indiqué leur prénom, nous pouvons faire une analyse hommes/femmes : 45% des cyclistes sont des femmes, ce qui est très proche de leur proportion dans la population active (48% selon l’INSEE). Non, les hommes ne sont pas sur-représentés.

Seulement des trajets de proximité ? L’analyse des villes de résidence des cyclistes interrogés montre qu’ils viennent souvent de loin : 42% viennent d’autres communes que Créteil et Maisons Alfort : 17% viennent des communes limitrophes (en rouge sur la carte : Bonneuil, Charenton, Alfortville, St Maur, Joinville, St Maurice, Limeil), 12% viennent de communes non limitrophes (en jaune sur la carte : Ivry, Vitry, Thiais, Villeneuve St Georges, Boissy, Sucy, Marolles, Fontenay) et 13% d’autres départements (en particulier Paris). On en déduit que 25% des cyclistes avaient déjà traversé en totalité deux villes et donc parcouru une bonne distance (5 à 10 km) au moment où nous les avons sollicité.e.s. Quant aux 58% des cyclistes résidant à Créteil ou Maisons Alfort (en bleu sur la carte), une part significative d’entre eux a vraisemblablement pour destination quotidienne des communes limitrophes ou plus lointaines : Alfortville, Ivry, Vitry, Paris, ,… Si bien qu’au total ce sont sans doute 40% des cyclistes interrogés qui ont parcouru des distances de 5 à 10 km, sinon plus. Non, le vélo n’est pas utilisé seulement pour des déplacements de proximité.

Conclusion : le vélo est effectivement utilisé en banlieue par une population importante, équilibrée hommes – femmes, et il est souvent utilisé pour faire les distances de 5 à 10 km qui caractérisent beaucoup de trajets domicile-travail. Attention aux fake news !

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Confinement et vélo.

Pour réveiller le cycliste qui sommeille en vous en cette période de confinement, voici une application qui vous permettra de vous dégourdir les mollets en toute légalité : https://dansmonrayon.fr

Bon moral, protégez vous et longue vie.

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Pont du Port à l’Anglais : fréquenté par les vélos … mais dangereux !

Entre Vitry et Alfortville, un seul pont permet de franchir la Seine, le pont suspendu du Port à l’Anglais. Les autres franchissements sont à 2km au Nord (pont d’Ivry) et à 3,5 km au Sud (pont de Choisy) .

Sur ce pont, la route (D148) est à trois voies, ça roule fort ! Les comptages faits par PTR94 en 2019 et 2020 montrent un trafic de l’ordre de 100 à 140 vélos par heure (à l’heure de pointe, trottinettes incluses), y compris quand il pleut. C’est beaucoup. Il est donc tout à fait logique que cette voie fasse partie du RER V2 d’Ile de France.

PTR94 s’était alarmé au sujet de la sécurité auprès du conseil départemental en mai 2020. Le CD94 a instauré une limitation à 30 km/h avec des pictogrammes vélos. C’est un progrès, remarqué par certains usagers, mais est-ce suffisant ?

L’observation du trafic pendant les comptages fait froid dans le dos : les cyclistes qui traversent sur la chaussée se font suivre de près, klaxonner, serrer contre des bordures bien plus hautes qu’un trottoir classique par les véhicules qui dépassent. Au premier écart d’un vélo ou inattention d’un véhicule motorisé, on aura un accident grave : on s’étonne que ce ne soit pas déjà arrivé… Nombre de cyclistes ont identifié le danger et préfèrent emprunter les trottoirs, sinueux et étroits, plutôt que la chaussée. Ce n’est pas tenable pour un axe du RERV2 !

Que faire pour améliorer la sécurité  ?

Elargir le pont comme à Choisy pour loger une piste cyclable : c’est une solution chère (12 millions à Choisy !) et elle est sans doute techniquement impossible pour ce pont suspendu datant de 1928.

Créer une piste cyclable en prenant une voie aux véhicules motorisés : le pont ne serait plus accessible aux semi-remorques ou aux bus qui viennent du bord de Seine car ils ont besoin de deux voies de circulation pour s’engager sur le pont. Et la diminution de la capacité de transit motorisé risque de faire capoter cette solution car elle serait très conflictuelle : le manque de ponts sur la Seine est connu.

Une passerelle séparée du pont. Construire une nouvelle passerelle est coûteux (5 à 20 millions d’euros ?), mais pas plus que l’élargissement d’un pont existant, et dix fois moins qu’un nouveau pont routier. Aménager en passerelle piétons-vélos la passerelle de service VNF de l’écluse-barrage  du Port à l’Anglais est une autre possibilité. En effet, la technologie de cette passerelle est la même que celle d’Ablon, que le CD94 projette de munir de rampes cyclables pour en faire un passage mixte piétons-vélos. Le coût en serait alors sans doute plus faible.

Conclusion : Une passerelle piétons-vélos est la seule solution viable, ce n’est pas un luxe et elle améliorerait le flux motorisé qui ne serait plus ralenti par les vélos.

Un cas qui n’est pas isolé

Dans le Val de Marne, plusieurs discontinuités cyclables importantes ont été traitées ou sont en passe de l’être : pont de Choisy et Ponts Mandela , passerelle d’Ablon sur la Seine ; ponts de Charenton, de Maisons,  de Bry, de Joinville, de Nogent sur la Marne ;  passerelle Tégéval sur la N406 ) ….. mais à côté, il y a d’autres discontinuités importantes qu’il faudrait traiter : pont d’Ivry  sur la Seine (D19- REV1) , ponts de Créteil (D86 – RERV1), de Bonneuil (D130), de Chennevières (D123), du Petit Parc sur la Marne, franchissements de voies ferrées à Vitry et à Alfortville (D148 – RERV2) et à Créteil (D86 – RERV1), entre autres.

La passerelle du gaz, entre Alfortville et Vitry, est déjà condamnée faute d’entretien. Il est à craindre que d’autres ouvrages connaissent le même sort alors qu’ils assurent des flux significatifs : passerelle industrielle Ivry-Charenton sur la Seine,  passerelles d’Alfortville, de Charentonneau (photo ci-dessous), de la Pie sur la Marne, passerelles sur l’autoroute A4 à St Maurice, Joinville, Nogent ….

De manière plus générale, les discontinuités cyclables sont importantes dans notre banlieue. Qu’il s’agisse de voies ferrées, d’autoroutes, de fleuves ou de zones industrielles, les franchissements sont restés rares alors que la banlieue s’est considérablement densifiée depuis un demi-siècle. Il faudrait un plan pluriannuel pour résoudre ces discontinuités dans un futur raisonnable – 5 à 10 ans- . Avec 200 millions d’euros le plan Vélo de l’Etat ne représente que 0,2 % du plan France Relance. Une aumône… Ne pourrait-on pas faire plus ?

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L’atelier vélo associatif de Créteil, on en redemande !

Au mois de mai dernier, juste après le confinement, une carriole jaune tractée par un vélo rouge traversait la ville : c’était votre association favorite qui commençait à tenir son atelier associatif de réparation-vélo, en plein air et une fois par semaine à Créteil. Mais pourquoi le faire ?

Il existait déjà le Café des Bricoleurs, auquel nous continuerons de participer avec plaisir, mais notre atelier avait des motivations complémentaires. Il s’agissait d’abord d’accompagner la mise en place d’une piste cyclable temporaire sur l’avenue du Général de Gaulle à Créteil. À cette époque, pas si lointaine hélas, cette piste existait encore ; c’était le GPSEA (territoire Grand Paris Sud-Est Avenir) qui avait pris cette décision après avoir consulté l’avis des associations d’usagers dont PTR 94. Il s’agissait ensuite d’opérer en plein air afin de réduire les risques de contagion liés au covid-19. Il s’agissait enfin de toucher un public n’ayant pas facilement accès aux ateliers de réparation commerciaux.  

L’atelier associatif a fonctionné pendant 14 séances. D’abord tous les mardis du 18 mai au 30 juin, puis tous les mercredis, dès la rentrée, du 3 septembre au 16 octobre. Annoncé d’abord dans le magazine municipal Vivre Ensemble au printemps, il a été très fréquenté dès le début avec, le plus souvent, une dizaine de vélos à réparer par séance, et deux à quatre réparateurs bénévoles. La cadence n’a pas ralenti à la rentrée, puisque la moyenne est restée à dix vélos réparés par séance.

L’atelier a touché un public très varié dans l’espace public : scolaires, habitants du quartier, étudiants de l’UPEC, vélo-taffeurs, curieux de mécanique, etc. Il n’a pas concurrencé les ateliers de réparation professionnels car ces derniers étaient surchargés de vélos en cette saison des amours déconfinés ; car nous n’avons pas pratiqué l’ensemble des réparations possibles sur un vélo ; car notre public n’était, en grande majorité, pas celui qui s’adresse aux ateliers professionnels ; et surtout car nous n’avons pas vendu un service mais partagé des techniques avec les habitants.

La plupart des gens ont remboursé de bonne grâce les pièces détachées que nous leur avons proposées quand elles étaient nécessaires à la réparation de leur vélo, et plusieurs ont adhéré à l’association PTR 94 pour la soutenir. En retour, PTR 94 a investi dans du matériel (pièces détachées, outils) qui permettra de prolonger l’atelier en ayant moins recours au matériel personnel des bénévoles.

90 % des vélos ont été remis en état de marche ! Des vélos de tous types : VTT, vélo de ville, vélos d’enfant, vélos de route, vélos électriques. Au total, près de 150 réparations ont été faites : gonflage, changement de chambres à air et de pneus, réglage des freins et des dérailleurs, changement des patins de frein, des câbles et des gaines, graissage et dégrippage, réglage du jeu de direction ou du pédalier, changement des pédales, du roulement de pédalier, des éclairages, etc. À chaque fois l’occasion fut de transmettre un peu de savoir partagé, à chaque fois l’occasion fut à quelques tours de boulon de rendre le vélo accessible à tous.

Nous souhaitons continuer ce que nous considérons comme un franc succès. Nous sommes en discussion avec l’UPEC pour obtenir un lieu mieux protégé des intempéries à partir du mois de novembre. Pendant l’hiver, nous comptons espacer les séances tous les quinze jours ou tous les mois. Nous serons également présents au Café des Bricoleurs un dimanche tous les deux mois. Tenez-vous au courant sur notre site internet. À vos guidons !

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Retour sur la balade du 10 octobre 2020 = Pavillon Royal et la foret de Rougeau

 Sous un soleil automnal, un petit groupe est parti en balade en direction de la forêt de Rougeau. Le Gardien, de Gloria Friedmann, est là et veille à la tranquillité des lieux…

  
 A l’heure du pique-nique nous nous sommes installés dans le parc du Pavillon Royale de Nandy 

Avant de rentrer nous avons ramassé des coings, des poires et des pommes le long de l’Allée Royale et ses séquoias.

Le retour s’est effectué par la forêt de Sénart et les bords de Seine. Une bonne balade de 60 km.

Prochaines balades =

Le 17 octobre 2020, balade organisée par Fontenay à Vélo pour aller à Meaux et revenir par le RER jusqu’à Chelles puis à vélo jusqu’à Créteil par les Bords de Marne, soit 50 km puis 15km. RDV à 08H45 square Labadie (église de Créteil). Prévoir lumière, pique-nique, carte navigo, masque, chambre à air et de quoi réparer.

Le 24 octobre 2020, 25 km pour aller au Mont Griffon. RDV à 13H30 square Labadie (Eglise de Créteil). Prévoir lumière, gouter, chambre à air et de quoi réparer.

A bientôt !

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